Red Hot Chili Peppers - Stadium Arcadium
__________________________________________________________
S T A D I U M A R C A D I U M
CD 2 - Mars: 01. Desecration Smile -- 02. Tell Me Baby -- 03. Hard to Concentrate -- 04. 21st Century -- 05. She Looks to Me -- 06. Readymade -- 07. If -- 08. Make You Feel Better -- 09. Animal Bar -- 10. So Much I -- 11. Storm in a Teacup -- 12. We Believe -- 13. Turn It Again -- 14. Death of a Martian
Critique rédigée par Roro
4 ans que les Red Hot avaient "disparu" de l'actualité musicale après le succès retentissant de By The Way. Mais les voilà de retour avec Stadium Arcadium, 9ème album studio du groupe. La question que l'on se pose logiquement: après environ 25 ans de carrière assez riche, les Red Hot sont-ils toujours en forme ? Le style de l'album By The Way déplaisait à certains fans, qu'en est-il de cet album ? En ce qui me concerne, j'attendais cet album avec impatience étant un grand fan des Red Hot. Connaissant une très grande partie de leur parcours (époque funk, pop etc...), mon avis ne sera peut-être pas le plus objectif et vous ne trouverez pas forcément de quoi vous satisfaire à travers cette critique, c'est juste le témoignage d'un petit mec qui vit la musique passionnément alors dans tous les cas: mea culpa.
Le premier CD, Jupiter, commence tambours battants avec le 1er single Dani California à l'efficacité qui n'est plus à démontrer. Vient ensuite Snow (Hey Oh) qui fait indéniablement pensé au style de l'album By The Way mais qui surprend, notamment grâce à sa belle montée en puissance qui rend encore mieux en live, ou encore par la voix de Kiedis qui parait à certains moments assez nonchalante et fait un joli contrepoids face à la rythmique des instruments. S'en suit Charlie, une chanson bourrée d'énergie en live, que les fans avaient donc déjà pu découvrir avant la sortie de l'album lors des concerts de promotion. Mais la version studio est plus surprenante, elle adopte un rythme plus lent et différents effets (dédoublement de la voix entre autres) sont de la partie. Après plusieurs écoutes, on arrive (ou du moins, j'arrive) à s'habituer à cette version plus "soft". Stadium Arcadium (la chanson) peut paraître légèrement trop longue, elle reste néanmoins une belle chanson pop avec une légère impression de "déjà entendu" sur le refrain qui fait penser à des vieux tubes d'antan. Puis arrive Hump de Bump, véritable fresque au paroxysme d'un funk que le groupe ne nous avait pas produit depuis près d'une décennie. Au programme: riffs de guitare et de basse qui vous donne envie de remuer votre popotin, la trompette de Flea qui rajoute un peu de "piment" à cette sauce qui prenait déjà bien et enfin un petit break aux bongos, tam-tams et autres percussions du genre qui est un pur moment de bonheur... Pour se remettre de ces émotions déboule She's Only 18. La rythmique de cette chanson est imposée des pieds et surtout des mains par le brio tandem Chad Smith/Flea sur lequel Kiedis pose bien sa voix. Frusciante, lui, sort peu à peu des sentiers battus plus la chanson avance pour montrer toute la puissance de sa guitare sur un refrain puissant et pour nous faire part d'un solo de grande qualité. Slow Cheetah comme Strip my Mind un peu plus tard dans le premier CD sont deux belles balades de qualité avec ce qu'il faut d'émotion. En écoutant ces chansons, on se rend compte que la qualité y est ici meilleure que sur l'album By The Way où les chansons dépassaient un peu trop souvent le cadre d'une pop qui sent trop la praline ... Dans Stadium Arcadium et indéniablement, les chansons paraissent mieux pensées et ces deux ballades en sont l'exemple. Entre ces deux chansons se faufile Torture Me, bourrée d'amphétamines. Celle-ci commence par la ligne de basse de Flea qui dicte la marche à suivre, puis les autres instruments et la voix de Kiedis qui ose un peu plus viennent s'ajouter pour donner une chanson où le rythme est fort et rapide. La trompette de Flea est présente sur quelques parties du refrain, le tout donne une des chansons majeures de l'album. Omar RodriguezCliquez ici pour consulter la bio de cet artiste de The Mars VoltaCliquez ici pour consulter la bio du groupe vient aider le groupe sur Especially in Michigan. Après plusieurs écoutes, on peut se rendre compte que cette chanson doit être l'une des plus riches "sonoriquement" parlant des 28 chansons de l'album, et la présence de Rodriguez ne doit pas y être étrangère. Les sons de guitares par moment s'entremêlent, que ce soit sur le refrain ou sur les couplets d'une chanson dotée d'une pop d'une rare puissance. Après Omar Rodriguez, c'est au tour de Billy Preston d'apporter sa touche musicale sur Warlocks. Cette dernière, et ce dès les premières mesures, sent le bon et doux parfum de la chanson funky à souhait avec une ligne de basse comme on les aime et un Frusciante qui s'autorise quelques gourmandises avec des riffs et des effets aguicheurs. Le résultat donne une chanson qui marque un peu plus que les autres, un autre grand moment de l'album donc. C'mon Girl suit cette même voie, couplets qui groovent bien ouvrent la porte à un refrain bien vitaminé. Après ces deux trois doses d'adrénaline suit un véritable bonheur de composition du nom de Wet Sand. Les couplets semblent d'une simplicité magistrale qui en devient presque effrayante, le tout est porté à merveille par les effets de Frusciante qui vont crescendo, ces effets peuvent paraître à première vu assez minimalistes mais ils sont en réalité le fruit d'un travail complexe. Le tout s'envole petit à petit vers un refrain chargé d'émotions où Kiedis lâche réellement sa voix. Sur le pont, les voix de Kiedis et de Frusciante se coordonnent parfaitement pour laisser place à un petit solo de Frusciante bougrement efficace. Que du bonheur. Jupiter se clôt avec Hey, et là encore une légère touche de minimalisme nous cache une chanson profonde. Sur cette chanson, j'arrive à m'imaginer ces quatre mecs dans une pièce en train de nous faire un boeuf à l'image des vieilles chansons jazzy où la simplicité et la convivialité sont de mises. Flea serait debout tenant sa contrebasse avec un béret sur la tête. Kiedis serait assis sur un tabouret pour nous faire part de ses quelques prouesses vocales. Frusciante serait également assis de son côté et jonglerait avec ses différentes pédales. Enfin Chad Smith taperait doucement mais efficacement sur ses fûts, tout en profitant de l'instant présent. C'est dingue tout ce qu'une chanson peut vous faire ressentir, imaginer. Pour résumer, Hey me fait penser à un énorme boeuf passé au mixage afin de le sublimer.
Après avoir écouté Jupiter, les impressions sont diverses et multiples. Tout aurait pu s'arrêter là. Après tout 14 chansons, c'est déjà bien pour un album des Red Hot. Mais franchement, on est encore plus content quand on sait qu'un deuxième CD nous attend.
Jupiter laisse donc place à Mars qui commence par un autre bonheur de composition qui s'appelle Desecration Smile. Frusciante enchaîne les accords sur sa guitare acoustique tandis que Flea apporte, avec sa ligne de basse, une étonnante touche de douceur. Chad Smith complète le tout avec une efficacité déconcertante. Sur les couplets, Kiedis semble pousser un peu trop sa voix mais il peut prendre toute son ampleur et se libérer sur un refrain qui, un peu de la même manière que Wet Sand, s'envole littéralement. Le pont fait parti des plus grands moments de cette chanson suivi d'un dernier couplet/refrain suppléé par une touche de piano. Une nouvelle fois, que du bonheur. Tell Me Baby arrive. Cette chanson n'est pas inconnue des fans, vu qu'elle a été jouée à quelques reprises lors de concerts depuis l'année dernière. Tell Me Baby est un subtile mélange alambiqué de couplets funky qui amènent à un refrain un brin trop pop. Dans cette chanson il y a du bon et du moins bon. Le refrain donne vraiment l'impression d'être un poil trop long, en plus d'être donc légèrement trop praliné (pour ne pas reprendre le mot "pop"). Cependant les lignes de basse et de batterie sont très bonnes, et Kiedis se met petit à petit à rapper comme il ne l'avait plus fait depuis longtemps. Après l'avoir entendu en live, les impressions étaient mitigées. La version studio peut en réconcilier certains avec cette chanson. Les mêmes défauts sont à relever mais les effets de voix et de guitares changent un peu la donne. Les sons de guitare ont du être traité minitieusement sur les couplets qu'on a l'impression qu'ils jaillissent comme un sprinter sortant de ses starting-blocks. En général, ces différents effets redonnent un peu plus de pêche, de dynamisme à cette chanson. Hard To Concentrate vient prendre la suite. La première chose qui surprend est le ton inhabituel de voix que prend Anthony Kiedis. Sur un aspect qui peut paraître une nouvelle fois minimaliste, la chanson monte progressivement en régime, les différents effets de guitares se succédant selon une suite logique que même le plus rationnel des esprits s'acharnerait à expliquer. Le son est un aspect essentiel de Hard To Concentrate: la guitare sonne généralement très clairement et adopte un son très pur, les percussions et la basse rajoutant une jolie touche de rythme. Puis vient 21st Century, ou la démonstration d'une rythmique plutôt musclée et efficace qui monte en calibre sur le refrain; un peu de la même manière que Make You Feel Better plus tard dans ce second album. She Looks To Me est une belle envolée musicale avec un Anthony Kiedis assez percutant au chant. Puis après cette chanson à l'allure planante arrive le monument d'électricité et d'ingéniosité de Mars: Readymade. Flea et Frusciante se coordonnent "fantasmagoriquement" à travers des lignes de basse et de guitare qui suivent un schéma bien précis donnant à cette chanson une structure particulière, avec un Chad Smith toujours aussi impressionnant d'activité derrière ses fûts et un Anthony Kiedis qui parvient à se lâcher plus la chanson progresse d'intensité. Vers la moitié de la chanson, tout part en vrille. Frusciante s'autorise un solo. Puis instruments et voix de Kiedis (qui oscille entre gémissements et petits cris) se rendent coup pour coup pour enfin retourner sur la même structure (riffs plus batterie) à laquelle on goûte dès le début de la chanson. If, chanson la plus courte de l'album qui fait un peu guise d'intermède musicale où Kiedis et Frusciante se suppléent au chant, est un peu relayé au second plan. S'en suit Animal Bar, longue chanson pop, loin d'être la plus surprenante de l'album, où le rythme change complètement sur un refrain plus nerveux. So Much I prend la relève avec une étonnante intensité. Une nouvelle fois, Kiedis fait preuve de vocalises auxquelles il ne nous avait plus habitué depuis un certain temps. Le tout, ponctué de quelques variations de rythmes assez virulentes à vous faire relever les cheveux sur la tête, donne une des chansons les plus attrayantes de l'album. Puis arrive Storm in a Teacup. Les premières secondes sont étrangement familières ... Un peu de la même manière qu'on reconnaît à dix mètres le doux mais fort parfum de sa grand-mère, Storm in a Teacup sent à plein nez le parfum fun et bigarré, planant et entraînant, puissant et entêtant de Blood Sugar Sex Magik. Pas vraiment besoin d'en dire plus: avec cette chanson la magie prend instantanément..; en espérant pouvoir y goûter en live ! We Believe est une très belle prouesse musicale. Le riff de John Frusciante ressemble un peu à un son venu d'ailleurs. La ligne de basse de Flea, surprenante de simplicité et s'alignant avec la batterie de Chad Smith donne un fond rythmique particulier. Le refrain est plutôt bien foutu, Kiedis assurant ses propres choeurs sur une mélodie simple mais diablement efficace. Arrive un petit break où Frusciante nous montre une nouvelle fois tout son talent dans la maîtrise de sons diverses et variés. Puis arrive un dernier refrain captivant repris par une petite chorale. De quoi vous mettre sur les rotules. Turn It Again a ce petit quelque chose des vielles chansons légèrement funky dont l'air vous trotte l'esprit pendant plusieurs heures, l'intensité en plus. La vivacité de cette chanson est encore plus ahurissante à la fin de celle-ci quand arrive un jam assourdissant de 2 minutes avec un Frusciante héroïque. Dernière dose d'émotion avant la fin de Mars: Death of a Martian. Cette chanson possède la quasi-parfaite recette d'une chanson pop de qualité, mélange adroit entre couplets ingénieux et refrains délicieux. Le tout se poursuit tranquillement avant d'aborder un dernier final. Lors de ma première écoute, cette outro m'a immédiatement fait penser aux meilleurs passages d'un opéra/rock, à la manière d'un The Wall des Pink Floyd.
Conclusion
Stadium Arcadium est un album très riche des Red Hot Chili Peppers. Du coup, il nécessite plusieurs écoutes afin de percevoir des petits détails que l'on n'aurait pas forcément perçu auparavant. Indéniablement, ce neuvième album est d'une qualité supérieur à By The Way. Il semble plus juste, mieux pensé. Par un simple constat rapide, on peut se rendre compte que la basse de Flea est beaucoup plus présente (plus besoin de régler à fond les basses sur vos enceintes !). Anthony Kiedis tente et ose beaucoup plus de choses avec sa voix qu'il ne l'avait fait sur By The Way. Les choeurs de Frusciante paraissent mieux placés, moins "pompeux" que sur By The Way et ses effets de guitare ainsi que ses soli sont souvent un délice pour les oreilles. Enfin Chad Smith est toujours déroutant d'efficacité avec sa batterie, son travail est assez impressionnant sur cet album. Stadium Arcadium, avec le temps, devrait en toute vraissemblance s'imposer comme un album majeur (un de plus) dans la carrière du groupe. 2006 marque le grand retour des Red Hot Chili Peppers qui paraissent inspirés au vu de cet album et en grande forme au vu de leurs concerts ...
La note de Amaidel
Son avis
Les 5% en moins c'est à cause de "So much I" et "Make You Feel Better" !
Date de première parution de l'article: 09 mai 2006